Les Chemises Rouges ont raison de se méfierLa feuille de route proposée par Abhisit aux représentants du parti Pheua Thai (les Chemises rouges) ressemble à un marché de dupe. Il attend une dispersion des «Chemises rouges» contre la tenue d'élections le 14 Novembre et ne lancera pas la dissolution du Parlement tant que les protestations se poursuivront, a-t-il annoncé. Dans ce roadmap, quid de l'enquête sur la mort de 21 civils durant les violences du 10 avril? Le monde entier ou quasiment a pu voir l'armée tirer sur la foule mais Abhisit prétend qu'il prouvera que seuls les leaders des manifestants sont responsables. Et ceci n'est que le prénom de la mauvaise f0i.
Manipulation et Tactique
Dans leur travail de manipulation, Abhisit et le sommet de la hiérarchie militaire attendent ainsi l'usure des manifestants. Comme le souligne un leader des «Rouges» interrogé par le correspondant de BBCNews, leurs supporters souhaitent avaliser le processus de réconciliation proposé par le PM mais attendent davantage de «sincérité et de clarté». Rien n'est moins sûr au vu de l'histoire de la Thailande. Le système judiciaire y est à double vitesse, asservi au pouvoir. Et Abhisit n'a toujours pas levé l'état d'urgence et la censure intensive contre tout réseau d'information critiquant le Gouvernement. Cité par le journal en ligne Prachatai, Sawatree Suksri, professeur de droit à l'Université Thammasat et spécialiste du droit lié à internet dénonçait jeudi dernier lors d'un séminaire que quelque 400 sites web pourraient avoir été secrètement bloqués quotidiennement par le Ministère des communications et technologies.